Une nouvelle campagne de publicité pour les lunettes Krys.
On regarde les 5 spots TV et on en parle juste après…
Alain Delon :
Jane Birkin :
Michel Blanc :
Frédéric Beigbeder :
Frédérique Bel :
Poursuite de la campagne débutée en 2008 : Avant j’étais…
Je n’avais pas encore abordée cette campagne dans ce blog. C’est le moment d’en parler…
Elle est tout simplement géniale. Par contre je ne sais pas si c’est fait exprès… J’imagine que oui puisque ce sont des gens dont c’est leur métier et qui connaissent leur boulot… Je la trouve proche du génie parce qu’elle exploite à fond l’ambiguïté du message.
La première chose qu’on nous enseigne en première année de psycho c’est l’ambiguité du message : N’importe quel message, qu’il soit verbal ou non verbal est soumis au filtre interprétatif de son auditeur. Même un message aussi simple que « bonjour » est toujours ambigu. L’intention de celui qui parle doit toujours être interprétée puisque son esprit ne nous est pas accessible. D’où la beauté du langage. On parle d’ailleurs à tort du langage de programmation en informatique puisque l’ambiguïté dans ce domaine n’est pas permise. On devrait plutôt parler de code que de langage.
Dans le cadre de cette pub, le slogan est tout simplement magnifique d’ambiguïté.
« Avant j’étais (plate, ronde, moche, chauve, vieux, timide, petit, blonde)… »
ou encore :
« Avant j’avais (un grand nez, les oreilles décolées)… »
Et pour conclure par cette phrase prononcée avec le port des lunettes Krys : « Mais ça c’était avant !«
On peut lire les phrases selon plusieurs interprétations les unes les plus en contradiction avec les autres… Et chaque lecture est crédible… :
- Avoir une caractéristique physique ou de caractère est un défaut… : être ronde, chauve, timide, avoir un gros nez etc. est mal… pour soi, pour les autres… et ce n’est pas supportable. Ce message met les gens dans deux catégories principales : ceux qui ont un défaut et ceux qui n’en ont pas. Les lunettes permettent d’effacer ce défaut. Lu comme ça, ce message est très fasciste.
- Les lunettes effacent les complexes qu’on peut avoir. En portant les lunettes Krys on se sent mieux dans sa peau et on retrouve sa confiance en soi. Lu comme ça, les lunettes sont une thérapie.
- Les lunettes ne sont qu’un simple détail qui permet pourtant de changer l’image qu’on peut avoir d »une personne. La représentation catégorielle des personnes est conditionnée par un accessoire. En changeant d’accessoire on change les catégories, les préjugés. Krys permet donc de mettre fin aux préjugés.
- Le slogan « Vous allez vous aimer » ne change pas les 3 lectures principales qu’on peut faire : fasciste, thérapeutique ou humaniste. au contraire il renforce chacune des interprétations. Si vous pensez que le slogan renforce plus une des 3 lectures, vous connaissez la votre et vous pouvez voir comment vous interprétez le message. Génial non ?
Finalement après tout mon charabia sur la campagne depuis 2008, je vais faire un copier-coller vers un article sur Krys depuis 2008… Peut-être plus tard ou demain…
Concernant la pub réalisée par l’agence H avec Delon et les autres stars…
Delon a pour la première fois accepté de tourner une pub. Ce n’est par contre pas la première fois qu’il use de l’auto-dérision : dans Astérix et Obélix il était déjà pas mal…
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« Notre positionnement est celui de l’estime de soi, explique Joël Plat, le directeur de l’enseigne. C’est assez fort de le faire dire par des personnalités. Il y a derrière la promesse que chacun va retrouver sa vision et disposer de lunettes qui lui sont adaptées. »
Et c’est là que je me dis « dommage ». L’ambiguïté n’est pas là volontairement… C’est juste une histoire de confiance en soi…
Les spots sont réalisés par Patrice Leconte… dans l’interview ci-joint ci-dessous, on comprend que c’est un gage de qualité pour ces stars qui avaient peur qu’on les voit dans un clip cheap…
L’utilisation des stars est en totale rupture avec ce qu’on voit dans les pubs pour lunettes : Johnny en bad boy sur le déclin, Karembeu en bimbo siliconnée, Antoine bedonnant en « aventurier avec lequel il ne faut pas compter« , rien que du premier degré sans création.
Ici les stars, que ce soit Alain Delon, Jane Birkin, Frédéric Beigbeder, Frédérique Bel, Michel Blanc se moquent d’elles-mêmes, font preuve d’humanité pour notre plus grand plaisir… Et pourtant ce sont des stars, donc des demi-dieux modernes… La fascination pour ce double mouvement d’accessibilité, de proximité et en même temps de distance et d’immortalité au moins iconique des demi-dieux est toujours d’actualité, même après plus d’un demi-siècle après les années de gloire d’Hollywood.
Voici l’interview de Laurence Defaux, directrice de comm chez Krys :
Et pour finir : Alice Sapritch et Jex Four vous vous rappelez ? non ? Alors regardez ça !!

Bon! ben, j’voulais dire un truc…. et pi… tastoutdit!
Je crois quand même que pour un homme, les lentilles c’est mieux ; si on ne les supporte pas… ben faut être drôle!!! comme disait Michel Blanc.
Pour une femme, au delà de l’ outil, cela reste un accessoire de mode et, bien choisi, peut-être de séduction
Ce que tu dis m’interpelle…
Je me suis déjà demandé pourquoi je n’avais que très peu de commentaires finalement malgré pas mal de visites et de participations comme les votes ou les « j’aime » de facebook… J’avais lu par ci par là que pour avoir des commentaires, il ne fallait surtout pas tout dire… ça paralyse le lecteur…
Content que tu ne sois pas paralysé.